Documentaire:L’histoire vraie des réfugiés de la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi

Publié le par ATMPJ

Deux ans après la terrible catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, un documentaire relatant la vie des habitants d’Iitate a vu le jour début Mai : « Iitate Village, the Problem of Radiation and Returning Home » (« 飯舘村 放射能と帰村»).


Iitate est un village situé à 30 km au Nord-ouest de la centrale de Fukushima Daiichi, dans la préfecture de Fukushima. Au premier abord, on a tendance à penser que le niveau de radioactivité d’une zone assez éloignée de la centrale, comme celle d’Iitate, devrait être relativement bas. Malheureusement, à cause des vents violents, de la pluie et des importantes chutes de neige qui ont immédiatement suivis la catastrophe, le véritable niveau de contamination a largement excédé les estimations initiales, rendant les terres inhabitables. Les habitants n’ont eu d’autre choix que d’abandonner leur village et de chercher refuge quelque part.
Le réalisateur du documentaire, Toshinkuni Doi, révèle le quotidien de ceux qui subissent encore les conséquences de ces évènements et dresse un bilan de la situation actuelle, deux ans après la catastrophe. « Les habitants d’Iitate n’ont été informé que leur village été situé en « zone rouge » qu’un mois après l’explosion nucléaire. Ils ont vécu pendant plus d’un mois sur des terres hautement contaminées. » Le traumatisme psychologique, la détresse, le sentiment de colère et de trahison qu’ils ressentent envers le gouvernement japonais est plus que perceptible à travers les différentes interviews réalisées auprès des villageois d’Iitate.
Le documentaire est composé de deux sections. La première partie se focalise sur deux familles : la manière dont ils ont du s’adapter à un mode de vie complètement différent, loin de chez eux, avec l’infime espoir qu’un jour ils retrouveront leurs terres et leur passé. L’autre partie traite de la décontamination au sens large du terme. D’un côté de jeunes mères qui n’ont pas pu trouver refuge directement après le désastre et qui ont peur des conséquences physiques, mais aussi sociales, que cela aura sur leur enfant. En effet, beaucoup craignent que leur enfant soit rejeté par la société à cause de cette catastrophe, qui devient peu à peu « tabou » : difficultés à trouver un emploi, difficultés à se marier et à fonder une famille… De l’autre des « experts » qui vantent exagérément l’efficacité de la décontamination dans le but d’amadouer les populations locales et de relancer les centrales nucléaires, et un gouvernement qui assure aux populations évacuées qu’elles rentreront chez elles dès que le niveau de radiation sera considéré comme « sans danger », soit inférieur à 20milliSievert.
Cependant, efficacité ou non de la décontamination, beaucoup soutiennent que les terres qui ont enregistrées des taux de radiation bien supérieurs à ceux de Tchernobyl, comme c’est le cas d’Iitate, devraient être déclarées « zone rouge » de manière permanente. D’autres, plus optimistes, affirment seulement qu’il n’est pas possible, dans un futur « proche », de descendre en dessous de 20 mSv dans les zones hautement contaminées.
A travers ce film, Toshikinu Doi cherche à sensibiliser les spectateurs au quotidien de ses populations qui n’ont pas fini de subir les lourdes conséquences de cette catastrophe sans précédent.

Publié dans News

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