1912, le disparu des Jeux olympiques de Stockholm.

Publié le par ATMPJ

Un Japonais a pris le départ du marathon avant de disparaître mystérieusement pendant cinquante ans.

 

Il n'y avait que trois Japonais aux JO de 1912. Si ces trois-là avaient pu réaliser leur rêve, c'est grâce à la générosité de leurs concitoyens qui s'étaient cotisés dans ce but. Un siècle plus tard - celui des sponsors -, on se souvient encore de Shizo Kanakuri, le seul Japonais au départ du marathon. Il n'était pas très grand (1,70 m) ni très gros (64 kg), en clair pas taillé comme un clou, mais on aurait dû tout de même le remarquer. Une foule immense s'était agglutinée aux abords du stade olympique et sur le parcours pour suivre le spectacle. Quelques jours auparavant, les badauds avaient été servis sur l'épreuve du 5 000 mètres, avec le fameux duel opposant le sprinter français Jean Bouin et le marathonien finlandais Kolehmainen. Ce dernier lui arracha, dix mètres avant l'arrivée, le centième d'écart et remporta l'épreuve en 14 minutes, 36 secondes et six centièmes, un record qui mit douze ans à être battu.

 

Les esprits étaient échauffés, mais personne n'imaginait que cette compétition se révélerait être l'une des plus épouvantables de toute l'histoire. Plusieurs fausses notes avaient marqué ces Jeux : l'affaire James Thorpe, d'origine amérindienne, de son vrai nom Wa-Tho-Huk, Sentier lumineux, extraordinaire vainqueur du pentathlon et du décathlon, qui vit ses victoires olympiques annulées, car il avait joué, trois ans auparavant, au base-ball sous son vrai nom pour 60 dollars par mois. De son côté, Drew, un Afro-Américain, grand favori du 100 mètres, ne put même pas courir. Il fut enfermé dans les vestiaires, juste avant l'épreuve, remportée par un Américain blanc.
Trente-deux abandons, et même un drame

 

Pour se rendre à Stockholm, Kanakuri avait effectué un voyage épique long de dix-huit jours, par la mer d'abord, puis par le Transsibérien. Exténué, il lui avait fallu cinq jours de récupération pour être capable de s'aligner pour un départ. Il était arrivé le 2 juin, un mois avant le début des Jeux. Le jour de l'épreuve, il faisait excessivement chaud, 30 degrés, au moins. Les coureurs, le crâne recouvert d'un mouchoir noué, formaient un peloton compact. Shizo Kanakuri a pris le départ comme tout le monde, mais personne ne l'a vu franchir la porte ogivale par laquelle les soixante concurrents étaient sortis.

 

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